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[réalisé en 1999 à Paris]
Hakkenden, la légende des 8 samourais
Qu'est ce que le Hakkenden ? Pour beaucoup,
ce mot japonais ne dit absolument rien. Et pourtant il cache
un célèbre conte japonais datant du XIXème
siècle, incarnant de nombreuses valeurs des arts martiaux
nippons. Alors que " la légende des 47 rônins
" (Shiju-shishi-gishi), plus célèbre en
Occident que le Hakkenden, se déroule au tout début
du XVIII ème siècle, le " Nansô Satomi
Hakkenden " (Légende des 8 chiens de Satomi du
Nansô) débute plus tôt, au milieu du XVème
siècle, pendant l'ère Muromachi. Il fût
écrit en 1814 par Takizawa Bakin (1767-1848), le premier
écrivain professionnel du Japon, et l'histoire tenait
en 106 volumes ! Aujourd'hui la version japonaise est éditée
en 10 volumes (plus de 180 chapitres) et il n'existe pas de
traduction de l'oeuvre complète, ni en français,
ni en anglais.
Le contexte
"En 1441, Satomi Yoshizane fuyant la bataille de Yuuki
arrive dans la province de Awa. A cette époque Awa
était contrôlée par 3 personnages. Yamashita
Sadakane, le conseiller d'un de ces trois dirigeants, avait
tué son maître pour s'emparer du Nord de la province.
Injuste et peu apprécié, Sadakane usait de sa
magnifique concubine, Tamazusa, pour gagner du pouvoir. Quand
Yohizane arrive à Awa, il rencontre Kanamari Hachirou
Takiyoshi, et avec l'aide de villageois prennent d'assaut
le château de Sadakane qui est tué. Tamazusa
est faite prisonnière mais tombant sous son charme
irrésistible, Satomi Yoshizane décide de ne
pas l'exécuter. Cependant Hachirou, conscient de la
force et de la menace d'une telle femme s'oppose à
cette décision. Tamazusa est enfin décapitée
mais malheureusement le mal est déjà fait. La
maléfique Tamazusa a eut le temps de jeter un sort
au clan Satomi : les petits enfants de Satomi devront errer,
leur vie durant, comme des chiens bâtards.
La malédiction
Une génération plus tard, les Satomi
sont en guerre. Hachirou a été tué et
le clan manque cruellement de provisions. Les Satomi demandent
de l'aide à Anzai Kagetsura, qui au lieu de s'allier,
profite de l'occasion pour lancer une offensive qui retranche
les Satomi dans leur château. Une tentative d'assassinat
d'Anzai par le fils de Yoshizane et le fiancé de sa
fille, Daisuke, se solde par un échec. Au bord du désespoir
et dans une cynique détresse, Yoshizane promet au chien
de la famille, Yatsufusa, que s'il ramène la tête
de leur assiégeant, il aurait la main de sa fille,
Fuse-Hime. Et à la surprise de tous, le chien revient
avec la tête de Anzai dans sa gueule. Cette victoire
déstabilise le camp adverse et permet au Satomi de
repousser l'envahisseur. Par la suite, pour que l'honneur
et la parole de son père restent intacts, Fuse-Hime
décide, malgré les objections de la famille,
de se marier à Yatsufusa. Ils quittent le château
pour les montagnes Tomi. Fuse prendra avec elle un chapelet
bouddhiste de 108 perles. Pendant une année ils vivent
ensemble. C'est au travers de rêves que Fuse-Hime prend
conscience du sort jeté sur le clan Satomi, et qu'en
fait elle porte la progéniture de Yatsufusa : 8 bâtards
voués à déshonorer le clan.
8 perles, 8 guerriers
Daisuke, le premier fiancé de Fuse-Hime, qui
n'osait revenir au château suite à son échec
face à Anzai, eut vent de la liaison. Il décide
de tuer Yatsufusa. Son meurtre réussit mais au prix
de la vie de sa fiancée qui, s'interposant, tombe aussi,
mortellement blessée. Agonisante, Fuse-Hime explique
le sort jeté sur son clan et demande l'aide de Daisuke.
A ce moment, le chapelet se met à luire et 8 perles
se détachent et s'envolent. Daisuke deviendra le moine
Chudai et commencera sa quête pour conjurer le sort
porté sur le clan Satomi.
Là commence vraiment l'histoire du
Hakkenden. Les 8 perles se réfugient dans les mains
de jeunes bébés, tous marqués par une
même tâche de naissance. Ces 8 enfants deviendront
8 jeunes guerriers incarnant 8 vertus confucéennes.
Tous les huit voués à un destin identique, celui
de sauver le clan Satomi et de conjurer le sort porté
par l'odieuse Tamazusa, ils encourent multiples péripéties
avant de se connaître et de s'unir. "
L'histoire est donc celle de 8 jeunes guerriers
qui à aucun moment n'abandonneront leurs espoirs. D'abord
inconscients de leur destinée commune, ils apprendront
chacun de leur côté le but de leur existence.
Puis ensemble, malgré leur personnalités différentes
mais grâce à un trait commun de force de caractère,
ils pourront, en combattant, atteindre leur but. Aventure,
amitié, justice, esprit guerrier, travail en équipe,
croire en soi... le Hakkenden ne semble ni désuet ni
démodé.
Texte: Guillaume Morel
La référence sur internet : http://www.mars.dti.ne.jp/~opaku/
(anglais et japonais)
Fiche d'identité
Le nom complet du Hakkenden est Nansô Satomi
Hakkenden. Il est composé de :
Nansô : autre nom pour la province de Awa, situé
au Sud-est du Japon, où se déroule l'action
Satomi : nom de famille du clan visé par le sort de
cette histoire
Hachi : 8 (en abrégé : Ha')
Ken : chien
Den : légende
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Le Hakkenden à toutes les
sauces !
La légende des 8 "chiens guerriers",
même si elle est peu connue dans le monde occidental,
a fait de nombreux émules chez les créatifs
japonais. De nombreux "anime" (dessins animés,
on notera une version de Anno Takashi - AIC-Pioneer LDC, Inc.
version anglaise) ont couverts le sujet qui se prête
bien à ce type de divertissement. Bien sûr le
Hakkenden, qui est à la base un livre en 106 volumes
a engendré des progénitures littéraires,
des traductions traditionnelles au traductions en japonais
moderne, en passant par les éditions pour enfants et
les manga. Certains ont une véritable passion pour
cette histoire, comme Sonobe Souan qui expose sur internet
un site de référence bilingue anglo-japonais
(http://www.mars.dti.ne.jp/~opaku/). Le Hakkenden fût
aussi interprété au théatre japonais
(Kabuki) et est à l'origine de shows télévisés
(un dessin animé diffusé en 1973 sur la NHK
"Shin-Hakkenden", une série à base
de marionnettes type puppet-show vers la même époque...)
et au moins un film qui fût distribué en France
en 1987 par la société Scherzo. Ce film, "Satomi
Hakkenden" ou "La Légende des 8 Samourais"
pour le titre français est une véritable adaptation
de l'oeuvre originale, centrée sur le dénouement
final du conte à savoir la rencontre des 8 guerriers
dispersés et de la réalisation de leur mission
commune pour conjurer le sort lancé au clan Satomi.
Ce film réalisé par Kinji Fukasaku, est, d'un
point de vue interprétation, un pur produit du JAC,
le Japan Action Club de Sonny Chiba. On y retrouve pour l'anecdote,
Hiroyuki Sanada (le Hayato de San Ku Kai) dans le rôle
du jeune Shinbei, Kenji Ohba (X-Or) dans le rôle de
Genpachi, Etsuko Shiomi (une des plus célèbre
actrice japonaise d'action) dans le rôle de Keno, et
bien sûr le fameux Sonny Chiba dans le rôle de
Daikaku. Le film vaut le coup d'être vu et en attendant
qu'un nouveau réalisateur ne prenne le script pour
le mettre au goût du jour, n'hésitez pas à
acheter la cassette si vous la découvrez au détour
d'un magasins d'occasions !
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Les Hakkenshi
A la mort de la princesse Fuse-Hime, des centaines
de perles s'échappèrent de son corps. La plupart
tombèrent sur le sol et seules huit d'entre elles allaient
s'échapper pour retrouver les 8 élus qui incarneraient
les 8 vertus confucéennes qui viendraient, ensemble,
à bout de la malédiction portée sur le
clan des Satomi. Voici les hakkenshi, les 8 chiens-guerriers
(notez que les chiens n'ont pas en asie, l'aspect parfois
péjoratif qu'ils ont dans les contes occidentaux)
Inue Shinbee Masashi incarne "Jin", la vertu, la
bienveillance, l'humanité. C'est le caractère
parfait, le personnage invincible, son unique point faible
est l'eau : il ne sait pas nager. Il est doté de 2
sabres, un long nommé " Kotsukigata " et
un court qui n'est autre que celui de la princesse Fuse. Mais
il préfère utilisé le Tessen (éventail
en fer). Il est bon cavalier. Dans le film de Fukasaku, il
manie aussi deux grandes kama (faucilles) très efficacement.
Inukawa Sousuke Yoshitou incarne "Gi", la justesse,
le devoir. Il utilise " Yukizasa ", un set de deux
sabres issu de son père (un sabre long nommé
" Ozasa " et un court " Ochiba ").
Inumura Daikaku Masanori incarne "Rei", la courtoisie,
la gratitude. Son point fort est la connaissance, son point
faible est qu'il ne sait pas nager. Il utilise le sabre.
Inuzaka Keno Tanetomo incarne "Chi", la sagesse.
Déguisé en danseuse, ses points forts sont la
beauté, l'intelligence et l'adresse.
Inuyama Dousetsu Tadatomo incarne "Chuu", le coeur,
l'esprit. Son point faible est la nervosité.
Inukai Genpachi Nobumichi incarne "Shin", la confiance,
la foi. Elève de la meilleur école d'arts martiaux
de l'univers du Hakkenden, l'école Nikaimatsu, il est
avec Shinbee le plus fort des 8 samurai.
Inuzuka Shino Moritaka incarne "Kou", la dévotion
filiale. Elle utilise 2 sabres : "Murasame" un sabre
long et "Kiri-Ichimonji" un sabre court, trésor
du clan Ohtsuka.
Inuta Kobungo Yasuyori incarne "Tei", l'affection
fraternelle. Son point fort est la force (il est présenté
comme champion de Sumo), son point faible est l'ignorance.
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